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Dom Michel Le Nobletz : le prêtre Texte d'une conférence -
12. Petit crayon de l'état bien heureux et éternel d'une âme qui s'est sauvé Gravure inspirée des tableaux de mission du P. Vincent Huby, s.j., début XVIIIe siècle. -
11. L'état heureux d'un homme de bien à l'heure de la mort au jugement de Dieu Gravure inspirée des tableaux de mission du P. Vincent Huby, s.j., début XVIIIe siècle. -
10. L'état du cœur d'un homme qui persévère dans la fuitte du mal et la pratique du bien Gravure inspirée des tableaux de mission du P. Vincent Huby, s.j., début XVIIIe siècle. -
9. Le triste état d'une âme damnée Gravure inspirée des tableaux de mission du P. Vincent Huby, s.j., début XVIIIe siècle. -
8. L'état misérable d'un pécheur à l'heure de la mort au jugement de Dieu Gravure inspirée des tableaux de mission du P. Vincent Huby, s.j., début XVIIIe siècle. -
7. L'état d'un homme dans lequel le diable étant rentré victorieux, avec sept autres diables, ils y établissent leur demeure Gravure inspirée des tableaux de mission du P. Vincent Huby, s.j., début XVIIIe siècle. -
6. L'état d'un homme qui ayant quitté ses péchés se relache de ses bonnes résolutions et se laisse vaincre par les tentations du diable, du monde et de la chair Gravure inspirée des tableaux de mission du P. Vincent Huby, s.j., début XVIIIe siècle. -
5. L'état d'un homme qui, s'étant purgé de ses péchés, s'adonne à la pratique des vertus et à l'amour de Dieu Gravure inspirée des tableaux de mission du P. Vincent Huby, s.j., début XVIIIe siècle. -
4. L'état d'un homme qui fait pénitence et qui en pratique les œuvres qui sont les prières, les jeûnes et les aumosnes Gravure inspirée des tableaux de mission du P. Vincent Huby, s.j., début XVIIIe siècle. -
3. L'état d'un homme vivement pénétré du regret de ses péchés et de douleur d'avoir offencé Dieu Gravure inspirée des tableaux de mission du P. Vincent Huby, s.j., début XVIIIe siècle. -
1. Etat d'un homme en état de péché Gravure inspirée des tableaux de mission du P. Vincent Huby, s.j., début XVIIIe siècle. -
Carte peinte : le Miroir du Monde La carte du Jugement ou Seconde carte Imago mundi (la première carte Imago mundi, qui a disparu, était destinée aux étudiants), présente les mêmes caractéristiques et le même discours d’ensemble que la carte de la Croix. Elle se lit également de bas en haut. Deux personnages, un pauvre artisan et un homme de qualité, demandent conseil sur leur vocation à un religieux, un prêtre séculier et à un laïc, tous les trois bien âgés. Au-dessus, on aperçoit deux portes, à gauche celle des artisans, et à droite celle « de l’honneur mondain », qui ouvrent sur de grands cercles. Certains détails sont très proches de nos « bandes dessinées ». On y voit des scènes du quotidien : le paysan cultivant son jardin, un homme qui pêche, un magistrat qui rend la justice, des joueurs de biniou… Cette Seconde carte Imago mundi ou carte du Jugement offre elle-aussi plusieurs niveaux de lecture en fonction de la culture des personnes qui la regardent, ce qui tout à fait est caractéristique du souci d’adaptation de dom Michel à des publics différents. Chaque personnage, chaque scène de cette carte étaient commentés et expliqués par dom Michel et ses disciples, pour monter les dangers de la vie dans le monde. Le salut y est possible mais il y est cependant plus difficile, tant est dangereux le monde ici-bas. -
Carte peinte : le Pater La carte du Pater illustre les huit versets de la prière du Notre Père : la phrase Fiat voluntas tua (que ta volonté soit faite) figure aux pieds de la Vierge Marie, un mendiant avec bâton et bissac accompagne la phrase Panem nostrum quotidianum (notre pain quotidien), etc. Dans la partie centrale de la carte, commandements et actions de grâce sont pareillement commentés par l’image : prier sans cesse, bénir Dieu pour tous ses bienfaits, lui rendre grâce, le glorifier, méditer les saintes Écritures, n’adorer que Dieu seul, rester fidèle à l’Église pour vivre dans la communion des saints. -
Carte peinte : Carte des Exercices quotidiens La carte L’exercice quotidien pour tout homme chrétien a été surnommée la carte des Cœurs. Cette carte, explique dom Michel, « nous sert d’exercice quotidien et d’entrée pour avoir la connaissance de nous-mêmes et, pour ce, elle nous représente premièrement ce que devons croire, savoir et faire ». « Da lavaret eo euz ar pez so represanet ennha, da gouzout eo, ar pez a dlheomp da entent, da ober, ha da cridi ». Les trente figures de la carte, regroupées en trois séries d’images, aideront à mémoriser cet enseignement spirituel. Cette carte de l’Exercice quotidien inspirera une trentaine d’années plus tard le père Vincent Huby (1608-1693), ancien supérieur du collège jésuite de Quimper, puis fondateur de la « Retraite » de Vannes. Il empruntera à dom Michel ces images montrant l’évolution d’un cœur humain d’un état de péché à un état de grâce (avec les péchés capitaux et l’image du diable de la 15e vignette), pour faire réaliser la série bien connue des « Images morales » ou Taolennou décrivant le chemin de la pénitence, la route de l’enfer et la voie du paradis. -
Carte peinte : Les 6 cités du Refuge Les six Cités du refuge illustrent les six armes spirituelles nécessaires au chrétien : disposition intérieure d’esprit filial envers Dieu, baptême, pénitence (dans la colonne de droite), oraison dévote, pardon des offenses, aumône (dans la colonne de gauche). -
Carte peinte : Babylone Comme l’indique l’un des titres figurant à son frontispice, la carte de Babylone représente symboliquement la terre vue du ciel : Respice de coelo et vide et visita vineam istam et perfice – « (Dieu) observe des cieux et vois, visite cette vigne et parachève-la » (Ps. 79, 5). Dieu observe du ciel le monde d’ici-bas, organisé iconographiquement comme deux mondes séparés par une zone blanche, ayant en son centre la tour de Babel (Babylone) en feu et la « terre d’Égypte ». Dom Michel oppose de la sorte le monde de la foi au monde « mondain », avec à l’extérieur des quatres cercles huit « lieux » permettant d’obtenir le salut : écouter le Christ prêcher sur la montagne, devenir religieux, se convertir intérieurement, vivre en dévot, fuir Babylone, entrer dans un tiers-ordre, faire retraite séculière, etc. Tandis que le deuxième cercle oppose la bonne paroisse (l’Esprit saint souffle sur l’église, le prêtre baptise, marie et catéchise) et la vie de péchés (avarice, ivrognerie, violences..., occupant les trois quarts de l’espace), le troisième cercle est rempli de nuées qui sont les « ténèbres d’Égypte », c’est-à-dire l’ignorance de la vraie doctrine, et le quatrième cercle est vide, pour marquer la séparation radicale qui s’impose entre le monde « mondain » et la vie chrétienne. -
Carte peinte : la Carte Mêlée La Carte mêlée puise à d’autres sources que celle de L’exercice quotidien pour tout homme chrétien. Il s’agit également d’une carte d’exemples, destinée à illustrer un thème catéchétique ou moral. Homme de la Renaissance et esprit encyclopédique, l’un des hommes les plus savants de Bretagne selon son biographe Verjus, dom Michel puise ici dans un registre mythologique et symbolique alors très en vogue. Cette carte est dite mêlée, mélangée, car elle est composée de 28 vignettes évoquant les vices et les vertus. On y trouve deux allusions à des scènes bibliques et huit citations explicites de la Bible, six références à des personnages mythologiques, six recours à des personnages et vertus allégoriques, six stigmatisations des vices, ou encore huit allusions aux rapports entre le terrestre et le céleste. -
Carte peinte : Les quatre monarchies La carte des 4 Monarchies montre l’Europe, l’Afrique du Nord et l’Arabie ; son tracé n’est pas très précis (les péninsules italienne et ibérique sont sommairement dessinées) mais dom Michel s’en excuse par avance en indiquant qu’il ne faut pas ici « considérer de près la place de leur latitude et longitude ». Son but est de raconter l’« Histoire sainte » (l’histoire biblique), à travers quatre monarchies ou royaumes antiques qui cherchèrent tour à tour à soumettre le peuple d’Israël à leur domination : empires mède puis perse, empire grec d’Alexandre le Grand et ensuite empire romain. Dom Michel y a fait dessiner la main de Dieu créant Adam puis Ève, la tentation ou péché originel, leur expulsion du Paradis, le meurtre d’Abel par son frère Caïn, ou encore l’arche de Noé. -
Carte peinte : la Croix La Carte de la Croix montre une grande croix fleurie dont le pied repose sur des fonts baptismaux. De part et d’autre de cette croix, trois chemins s’élancent. Une voie large, à gauche, est empruntée par les chrétiens qui veulent arriver au ciel sans beaucoup d’efforts. Un autre chemin à droite, le plus large, est celui des mondains, des hérétiques huguenots et des païens idolâtres. Tout comme les chrétiens tièdes, eux aussi sont promis aux flammes de l’enfer. Au centre de la carte, parallèlement à la croix fleurie, se trouve un troisième chemin, étroit et long, qui mène au Salut. On y voit un « bon chrétien » qui porte une croix sur l’épaule, écoute attentivement les propos d’un prédicateur, et acquiert les vertus chrétiennes « par l’amour et la souffrance de la croix ». Des fleurs poussent sur ce « sentier étroit des saints commandements », qui conduit vers le Christ ressuscité. -
Carte peinte : les Conseils Dom Michel nous montre les Amériques dans la carte des Conseils. Divers navires sont représentés sur cette carte. Les premiers, pilotés par le Christ lui-même, « portent des chrétiens vertueux, et sont chargés de précieuses marchandises, c’est-à-dire de la grâce sanctifiante, des dons du Saint-Esprit, et des vertus infuses qu’on reçoit avec le baptême, aussi bien que des grands mérites que ces âmes ont acquis depuis par leurs bonnes œuvres. Le port et le royaume où elles tendent tous, c’est le séjour des bienheureux » (Verjus, livre VIII, chap. 4). D’autres bateaux ont fait naufrage ; ils embarquaient des chrétiens qui ont perdu par leurs péchés mortels la grâce du baptême. D’autres encore voguent sans cap : ceux des païens, hérétiques et schismatiques. Certains navires veulent faire le tour de la terre en passant « par le détroit de Magellan, où il arrive de fréquents naufrages ». C’est pourquoi il serait bien plus sage de percer un passage à travers l’isthme de Panama. D’où deux petits personnages s’affairant sur la carte à ouvrir cette bande de terre, large de « trois lieues », croit savoir dom Michel, ce qui lui permet d’en donner un sens symbolique. Ces trois lieux signifient trois sortes de vices : concupiscence de l’honneur mondain, de la volupté des corps, et des richesses transitoires... De nombreux détails permettent également de donner toute une catéchèse sur la vie chrétienne, les commandements à observer, les vertus à pratiquer, afin de parvenir à l’Île fortunée ou « séjour des Bienheureux ». Celle-ci comporte trois promontoires. La voie la plus exigeante conduit vers le bourg dit Altum consilium. Elle est périlleuse pour ceux qui ont présumé de leurs forces et se sont engagés imprudemment dans la vie religieuse. Ils risquent de faire naufrage. La seconde voie, plus réaliste, vise la pointe du Petit Conseil (Minus Consilium). Il suffit de suivre avec persévérance les conseils de l’Evangile pour arriver à bon port, et au pire, si la marée et le vent sont contraires, le chrétien parviendra non pas « où il voulait, mais bien où il fallait et suffisait pour le sauver ». Le troisième cap est celui des commandements de Dieu et de l’Eglise : mais « si l’on ne prend son fil, comme pour arriver à la seconde pointe, il y a un courant d’eau si rapide qu’on n’arrive pas même à la troisième pointe » (Verjus, livre VIII, chap. 4). -
Carte peinte : Le Désirant La carte du Désirant présente le parcours d’un jeune homme qui désire progresser dans la connaissance et l’amour de Dieu, ainsi que par contraste, celui de son frère cadet. Le Désirant (colonne de droite) commence par rencontrer un « pasteur » de brebis, vêtu d’un « habit tout chamarré de passements blancs et rouges » (rappel de la Passion et Résurrection), qui n’est autre que Jésus-Christ (tout en bas à droite). Il poursuit son chemin, parvient à l’abbaye d’Humilité, demande plus tard à être admis au collège de la Doctrine chrétienne, fait pénitence, pratique l’aumône et la prière, et parvient enfin à la « citadelle d’oraison ». A l’inverse, son jeune frère (colonne du centre) « prétend se conformer au monde en toutes ses manières de vivre. Ce qui est contraire à l’évangile et au commandement de saint Paul qui dit aux Rom. 12 : “Ne vous conformez pas à ce monde” ». Il croise un grand diable, des joueurs de quilles et de cartes, menace de son épée son frère le Désirant qui veut entrer à l’abbaye d’Humilité, puis « vaque à la gourmandise », danse, puis rejoint « les malheureux qui sont remplis du désir de vengeance et de nuire à leur prochain » qui risquent « la damnation au feu éternel, s’ils meurent en leur méchante résolution ». Sur la gauche de la carte figure un magnifique Psaltérion figurant l’union des deux vies active et contemplative permettant d’arriver à la Sainte contemplation de Dieu : les cinq premières cordes symbolisent l’humilité et l’amour du prochain, et les cinq autres la contemplation. Dom Michel invite ainsi ceux qui écoutent ses enseignements à devenir à leur tour des chevaliers chrétiens, des « désirants » de Dieu, pour chercher et trouver la perfection de l’amour de Dieu.


