Collections
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L'écho de Douarnenez 1963-1980 Bulletin paroissial de Douarnenez -
Vœu de Brest et de sa banlieue - 1941-1943 En 1941, les habitants de Brest et de sa banlieue forment un vœu à la Vierge Marie pour la protection de la ville pendant la durée de la guerre. Ils s'engagent dès le retour de la paix à faire un grand pèlerinage à Notre-Dame du Folgoët. En attendant le retour à la paix, les Brestois se retrouvent aux Stations de prière où sera prononcé le texte du vœu. Entre le 12 octobre 1941 et 5 juillet 1942, chaque mois des milliers de brestois se retrouvent pour ces Stations de prière dans une paroisse différente pour des vêpres et une procession. Ces après-midi réunissent plus de 10.000 personnes. En cas d'empêchement, les Brestois, restés à domicile, sont invités à réciter le chapelet et la prière du Vœu. Les réfugiés brestois sont également astreints à cette récitation et si possible doivent assister aux vêpres dans l'église de leur résidence. "L’Echo paroissial de Brest" mentionne plusieurs rassemblements de brestois réfugiés. A Quimper, à Locmaria, a lieu une procession sous la présidence du vicaire général Moënner lors de la 4e station du 11 janvier 1942. Pour la clôture du vœu, le 19 juillet 1942, des groupes d'exilés brestois se regroupent "à Quimper, Morlaix, Saint-Brieuc, Nantes, Rouen, Orléans, Toulon, etc" (Echo paroissial, 19 juillet 1942). Une fois terminées les 10 stations de prière et la paix n'étant pas revenu, l'évêque demande que chaque mois ait lieu une journée paroissiale de prière et deux journées régionales par an. La journée régionale du 9 mai 1943 est particulièrement fastueuse avec la présence de Mgr Duparc, évêque de Quimper, et le cardinal Gerlier, archevêque de Lyon, dont la venue marque le parrainage fort de Lyon envers Brest, aussi bien religieusement que civilement pendant la guerre. -
L'Echo de Saint-Louis et des Carmes <em>L'Echo paroissial de Saint-Louis</em> est fondé en 1898 par Mgr Roull, curé de Saint-Louis de Brest. Le bulletin paroissial, véritable petit journal mensuel, paraît jusqu'en 1944. La collection numérisée sera bientôt en ligne sur le site des Archives départementales du Finistère. En mai 1946 paraît le premier numéro d'une nouvelle série, <em>L'Echo de Saint-Louis et des Carmes</em>. La paroisse des Carmes, située entre le cours d'Ajot et la rue Voltaire sera finalement fusionnée avec celle de Saint-Louis. Ce bulletin existe sous cette forme jusqu'en 1948, bien que la paroisse soit désertée de ses habitants, la ville étant rasée puis en reconstruction. Les 28 premiers numéros sont présentés ici, les originaux proviennent de la collection du presbytère de Saint-Louis de Brest et des archives départementales. En octobre 1947 paraît le n°1 de <em>L'Espoir, journal mensuel d'information religieuse, pour la paroisse Saint-Martin de Brest</em>. Le quartier, moins bombardé que l'intra-muros, est habitable plus rapidement, l'église Saint-Martin peut à ce moment être utilisée, en attendant la construction de la nouvelle église Saint-Louis. Ce bulletin fait la soudure entre la fin de <em>l'Echo de Saint-Louis et des Carmes</em> en 1948 et la parution d'une édition de <em>l'Espoir</em> dédiée cette fois-ci à la paroisse Saint-Louis. En effet, en avril 1952 paraît le n°53 du bulletin et premier d'une nouvelle série, <em>L'Espoir paroisse de Saint-Louis</em>. D'autres variantes existent alors pour les autres paroisses brestoises. Dans les années soixantes n'existe plus qu'un seul tirage, <em>L'Espoir de Brest</em>. Ce mensuel paraît jusqu'au n° 204, juillet 1967. -
Poulpiquet de Brescanvel Jean-Marie de (1824-1840) POULPIQUET de BRESCANVEL Jean-Marie, Dominique de - Évêque de Quimper (Plouguerneau (29) 4.8.1759 - Quimper (29) 1.5.1840). "Après ses études à Saint-Sulpice et en Sorbonne où il obtint la licence en théologie et prêtre en 1783, il fut nommé en 1787 vicaire général de Léon par Mgr de La Marche. Deux ans plus tard il succédait à son oncle dans le rectorat de Plouguerneau. Ayant refusé le serment constitutionnel il émigra en juillet 1791 à Jersey et plus tard en Angleterre. Il prit part, à titre d'aumônier, à l'expédition de Quiberon en 1795 et, dans la débâcle, se sauva à la nage vers un bateau qui le ramena en Angleterre. Il rentra dans sa paroisse de Plouguerneau en février 1802. En 1806, l’évêque de Quimper, Mgr Dombidau de Crouseilhes, le nomme vicaire général; il remplit cette fonction jusqu'à la mort de ce prélat en 1823. Proposé pour l'évêché de Langres, il refusa, mais accepta quelques mois plus tard l'évêché de Quimper. Malgré le changement de régime en 1830, l'épiscopat de Mgr de Poulpiquet fut relativement paisible. Ses seules difficultés avec les autorités constituées se produisirent à l'avènement de la Monarchie de Juillet. L'évêque était profondément légitimiste. Il ne s'empressa pas de mettre immédiatement au pas les recteurs qui s'obstinaient à ne pas chanter le «Domine salvum fac regem nostrum Ludovicum Philippum ». Mais, à partir de 1834, tout rentra dans l'ordre. Mgr de Poulpiquet favorisa l'organisation du petit séminaire de Pont-Croix ouvert en 1823. Il fonde une maison de retraite à Saint-Pol-de-Léon pour les prêtres âgés et infirmes, restaura les exercices de l'Adoration perpétuelle. C'est sous son épiscopat que fut fondée la seule congrégation religieuse finistérienne du XIXe siècle, celle des Sœurs de l'Adoration. Vers la fin de sa vie, il introduisit dans son diocèse le bréviaire parisien; mais son successeur revint très rapidement au bréviaire romain. Son corps fut inhumé à Plouguerneau à l'issue d'un cortège triomphal par Châteaulin, Le Faou, Landerneau et Lesneven. Son éloge funèbre fut prononcé par celui qui allait lui succéder, Joseph-Marie Graveran. " Chanoine Jean-Louis Le Floc’h Michel Lagrée (dir.), <em>La Bretagne</em>, Paris : Beauchesne ; Rennes : Institut culturel de Bretagne, 1990 (Dictionnaire du monde religieux dans la France contemporaine). -
Graveran Joseph-Marie (1840-1855) GRAVERAN Joseph Marie. Évêque de Quimper et léon (29) 16.3.1793 - Quimper (29) 1.2.1855). « Après des études aux collèges de Quimper, de Léon et au collège à Paris, Joseph Graveran enseigna les mathématiques à Saint-Pol, a de faire sa théologie au séminaire Saint-Sulpice. Ordonné prêtre en 1817 il devint aussitôt professeur de dogme au grand séminaire de Quimper et plus tard économe. En 1826 curé de Saint-Louis de Brest, la plus populeuse et la plus difficile du diocèse. Il y fut affronté à multiples difficultés particulièrement au cours de la mission de 1826 certains groupes voulurent reprendre les manifestations qui provoquèrent la suppression de celle de 1819. Mais, cette fois, la mission eut lieu. Les contestations reprirent après la révolution de 1830, sous divers prétextes. Généralement le curé s'en tira honorablement. Moins d'un mois après le décès de Mgr de Poulpiquet, Joseph Graveran était nommé évêque de Quimper, le 26 mai 1840. Il entreprit aussitôt de mettre de l'ordre dans les comptabilités des fabriques, .qui laissaient à désirer, organisa les examens des jeunes vicaires et dans une formule qu'ils garderont pendant plus d'un siècle, donna un règlement définitif à la maison de retraite du clergé à Saint-Pol. Il visita régulièrement son diocèse, parlant en breton aux fidèles. Il fut toujours très proche de son clergé et de son peuple. Ses lettres et mandements sont marquées nettement par un changement de style par rapport à ceux de ses prédécesseurs ; plus simple, plus direct, il aborde les problèmes concrets de la vie de ses diocésains. Il fut élu à l'assemblée nationale en 1848, participa à tous ses travaux et en revint un peu désabusé. A la suite du concile provincial tenu à Rennes en 1849, Mgr Graveran convoqua un synode diocésain. Après un demi-siècle d'existence, le diocèse vivait toujours avec les règlements des anciens évêchés. Les nouveaux statuts promulgués par l'évêque resteront en vigueur, dans leur substance, jusqu'au code de droit canonique de 1917. En même temps était établi un nouveau «propre» diocésain pour le missel et le bréviaire. Il obtint du gouvernement la fondation de sept nouvelles paroisses. Enfin, il mit en chantier la construction des flèches de la cathédrale de Quimper, dont les frais furent financés par le « sou de saint Corentin » : l'évêque demandait l'obole d'un sou par an et par habitant pendant cinq ans. Mgr Graveran était un passionné de la langue bretonne. Lorsque La Villemarqué entreprit sa campagne de purification de la langue écrite et de l'unification de son orthographe, l'évêque s'y associa pleinement, malgré la résistance de membres de son clergé. Il créa une revue en langue bretonne, en faveur de la propagation de la foi, Lizeri hreuriez ar feiz et ordonna qu’elle fût rédigée selon l’orthographe et le vocabulaire préconisés par La Villemarqué. » Chanoine Jean-Louis Le Floc’h Michel Lagrée (dir.), <em>La Bretagne</em>, Paris : Beauchesne ; Rennes : Institut culturel de Bretagne, 1990 (Dictionnaire du monde religieux dans la France contemporaine). -
Sergent René-Nicolas (1855-1871) SERGENT René Nicolas - Évêque de Quimper (Corbigny (58) 12.5.1802 -Moulins (3) 25.7.1871). "Prêtre du diocèse de Nevers, René Sergent exerça les fonctions de vicaire, curé, professeur, supérieur du petit séminaire et vicaire général. Il fut aussi recteur d'Académie de la Nièvre (1850-52). Il fut nommé évêque de Quimper le 6 février 1855. Très préoccupé de l'instruction religieuse du peuple, il publia de nombreux mandements à caractère doctrinal et fonda un journal hebdomadaire en langue bretonne, le<a href="http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/collections/show/31" target="_blank"> <em>Feiz ha Breiz</em></a> en 1865. Il siégea pendant huit ans au conseil supérieur de l'instruction publique, dont il fut destitué en 1865 à la suite d'accrochages répétés avec le ministre Victor Duruy. Mgr Sergent administra bien son diocèse. Il rétablit les conférences ecclésiastiques pour la formation permanente du clergé ; donna une grande impulsion aux missions paroissiales, avec le concours des jésuites revenus à Quimper depuis 1840. Il favorisa aussi le développement de la dévotion mariale, et fit couronner Notre-Dame de Rumengol en 1858. Avec l'appui de l'architecte Le Bigot il entreprit la restauration nécessaire de l'intérieur de la cathédrale de Quimper. Il obtint la fondation de sept nouvelles paroisses, divisa le diocèse en archidiaconés, archiprêtrés et doyennés. Il encouragea le départ de prêtres aux missions lointaines, particulièrement en Haïti à la suite de Mgr Testard du Cosquer et à Burlington, dans l’état du Vermont aux Etats-Unis, à la demande de Mgr de Goesbriant. Ce mouvement, amorcé sous l'épiscopat de Mgr Graveran, ira toujours en s'amplifiant jusqu'au milieu du XXe siècle. Ultramontain sans partage, il extirpa du diocèse les derniers relents du gallicanisme, encouragea l'engagement des zouaves pontificaux au service du pape, fut un ardent défenseur de l'infaillibilité pontificale au concile de Vatican I. On dit que Pie IX l'appelait « mon sergent ». Il avait été candidat aux élections de 1848 dans la Nièvre et, à cette occasion, avait publié une profession de foi en faveur de la République. Lors des élections de 1871, les candidats républicains du Finistère ne manquèrent pas de le rappeler, ce qui mit l'évêque dans un grand embarras et lui causa beaucoup de chagrin. Il revenait d'une cure au Mont-Dore lorsqu'il mourut subitement dans le train à l'arrêt de la gare de Moulins dans la nuit du 24 au 25 juillet 1871." Chanoine Jean-Louis Le Floc’h Michel Lagrée (dir.), <em>La Bretagne</em>, Paris : Beauchesne ; Rennes : Institut culturel de Bretagne, 1990 (Dictionnaire du monde religieux dans la France contemporaine). -
Nouvel de la Flèche Anselme (1872-1887) NOUVEL DE LA FLÈCHE Charles Le - Évêque de Quimper et de Léon (Quimper 26.12.1814 - 1.6.1887). "Fils d'un procureur du Roi à Quimper, Charles Le Nouvel de la Flèche suivit son père à Rennes. D'abord étudiant en droit, il entra au séminaire Saint-Sulpice et fut ordonné prêtre en 1841 pour le compte du diocèse de Rennes où il enseigna aussitôt la morale au séminaire. Successivement aumônier de l'hôpital Saint-Yves (1852), curé de Toussaints (1857), il fut nommé vicaire général en 1864. Attiré par la vie religieuse, il entrait en 1869 au monastère bénédictin de la Pierre-qui-Vire. Il était nommé évêque de Quimper en 1871, malgré ses fortes résistances. L'événement important, sous son épiscopat, fut l'avènement de la IIIe République, suivi des premières lois de laïcisation. L'action pastorale de l'évêque en fut fortement marquée. Beaucoup de ses mandements et lettres évoquent cette situation et préconisent des actions en conséquence. Alarmé par les lois scolaires de Jules Ferry, il se préoccupa de l'enseignement religieux des enfants à l'école, en famille, dans les paroisses. Son action, en ce domaine, se développa dans deux directions : création d'écoles chrétiennes, réforme du catéchisme. Un comité des écoles libres fut mis en place, sous la direction de M. du Marc'hallac'h, son vicaire général ; 50 écoles furent fondées sous son épiscopat. En 1877, l’évêque décidait de refondre et d'unifier les catéchismes tant bretons que français et de publier un catéchisme de persévérance; il édictait en même temps des règles plus strictes pour la tenue des catéchismes paroissiaux. Parallèlement à cette action, il promulguait un règlement et un programme pour la prédication dominicale. C'est sans doute ce souci de l'instruction du peuple chrétien dans son ensemble qui prédominera au cours de son épiscopat, avec celui de l'entretien de la vie spirituelle et intellectuelle de son clergé : insistance sur les retraites ecclésiastiques, réorganisation de l'examen des jeunes prêtres, création de l'examen pour le rectorat. Demeuré bénédictin sous la mitre, il mena une vie ascétique et conserva son nom religieux, Dom Anselme, dont il signa tous ses actes. Il prodigua ses soins aux diverses formes de vie religieuse dans le diocèse, visitant régulièrement les communautés ; il rétablit la vie monastique bénédictine dans le diocèse en favorisant la création du monastère de Kerbénéat qui sera à l'origine de la restauration de Landévennec 75 ans plus tard. Après avoir signalé la création de la <a href="http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/collections/show/6" target="_blank"><em>Semaine Religieuse</em></a> en 1886 et la publication en 1880 d'un manuel de cantiques bretons qui durera jusqu'en 1942, il convient enfin de faire état de la candidature et l'élection de Mgr Freppel évêque d'Angers dans la célèbre 3e circonscription de Brest en 1880. Ce sera l'origine de la toute puissance politique des curés du bas-Léon et de leur émancipation, du moins en ce domaine, de l'autorité épiscopale. De la situation ainsi créée, les successeurs de Mgr Nouvel goûteront les fruits amers. Lui-même s'était fermement opposé à cette candidature; de n'être pas parvenu à l'empêcher justifie sans doute le jugement qu'on a porté sur lui : défaut de fermeté et d'autorité suffisantes." Chanoine Jean-Louis Le Floc’h Michel Lagrée (dir.), <em>La Bretagne</em>, Paris : Beauchesne ; Rennes : Institut culturel de Bretagne, 1990 (Dictionnaire du monde religieux dans la France contemporaine). -
Lamarche Jacques-Théodore (1887-1892) LAMARCHE Jacques Théodore – Evêque de Quimper (Paris 12.3.1827 – Quimper 15.6.1892). "Ordonné prêtre au diocèse de Paris en 1851, Jacques Lamarche y exerça le ministère dans le vicariat. Il accepta, à deux reprises, la fonction d’aumônier militaire, d'abord au cours de la guerre de Crimée, ensuite pendant celle de 1870 ; à la suite de la capitulation de Metz, il accompagna volontairement les prisonniers en Silésie. Il était curé de Sainte-Marie des Batignoles lorsqu'il fut nommé évêque de Quimper le 25 novembre 1887. Son épiscopat fut bref, sa santé déficiente. En arrivant dans le diocèse, Il trouvait un clergé remuant, entier, très engagé dans les affaires politiques. L'évêque s'efforça de calmer le jeu, en entretenant des relations correctes avec les autorités gouvernementales, mais il fut souvent dépassé par son clergé. Il parvint cependant à lui imposer la candidature de Mgr d'Hulst dans la 3e circonscription de Brest, après le décès de Mgr Freppel. A l'appel du pape, la grande majorité du clergé finistérien se rallia à la République ; le résultat le plus immédiat fut un redoublement d’ardeur et de vigueur, de la part des prêtres, dans les luttes électorales; de la lutte contre on passait à la lutte à l'intérieur du régime. Par tempérament et conviction, Mgr Lamarche continua à encourager L’œuvre des écoles chrétiennes entreprise par son prédécesseur et dirigée par son vicaire général M. du Marc'hallac'h. Il laissa toute liberté à François Ollivier, supérieur du séminaire pour la fondation et le développement des œuvres. Dès la publication de « Rerum Novarum », François Ollivier mit cette encyclique pontificale à l'étude. Des notes éparses, retrouvées dans les archives attestent que cette encyclique fut introduite rapidement dans l'enseignement au grand séminaire ; ceci explique, pour une part, la ferveur avec laquelle le jeune clergé adhéra, au cours de la décennie suivante, aux doctrines du Sillon. Ancien aumônier militaire, Mgr Lamarche porta une attention particulière à l'organisation des œuvres au service des conscrits. Ancien curé de Paris, il suivit et encouragea le ministère des aumôniers des bretons émigrés, particulièrement à Paris, au Havre, à Angers. Il fit couronner N.-D. du Folgoët en 1888 et introduisit les causes de béatification du père Maunoir et de Michel Le Nobletz dont le souvenir devenait plus vivace à la faveur des grandes missions paroissiales qui, en cette fin du XIXe siècle, avaient retrouvé toute leur splendeur." Chanoine Jean-Louis Le Floc’h Michel Lagrée (dir.), <em>La Bretagne</em>, Paris : Beauchesne ; Rennes : Institut culturel de Bretagne, 1990 (Dictionnaire du monde religieux dans la France contemporaine). -
Dubillard François-Virgile (1900-1908) DUBILLARD François Virgile- Évêque de Quimper (Soye (Doubs) 16.2.1845 - Chambéry 1.12.1914). "Prêtre du diocèse de Besançon (1869), supérieur du grand séminaire (1881), puis vicaire général de ce diocèse (1890), il fut, le 14 décembre 1899, nommé évêque de Quimper, où il entra en mars 1900. Son épiscopat à Quimper fut bref, mais particulièrement mouvementé. Il créa, en novembre 1900, une commission diocésaine d'architecture et d'archéologie, ainsi qu'un musée diocésain; l'organe de ces deux institutions fut le <a href="http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/collections/show/26" target="_blank"><em>Bulletin diocésain d'histoire et d'archéologie</em></a> (BDHA), dirigé par les chanoines Abgrall et Peyron, et qui publia pendant quarante ans (1901-1942) une masse de documents et d’études sur l’histoire du diocèse. Au même moment, renaissait, sous une nouvelle forme, la revue <a href="http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/collections/show/31" target="_blank"><em>Feiz ha Breiz</em></a>, dont l'évêque contrôla très vite la rédaction. Le premier conflit violent entre l'évêque et son clergé éclata au printemps 1902, lors de l'élection qui opposa, dans la troisième circonscription de Brest, l'abbé Stéphan soutenu par l'évêque, à l'abbé Gayraud, député sortant, soutenu par le clergé. Cette affaire empoisonna littéralement les relations entre l'évêque et son clergé. D'après une tradition orale constante, une phrase imprudente aurait échappé à l'évêque: faisant allusion à «la tête dure du clergé breton», il aurait affirmé qu'il en viendrait à bout. Son opposition violente et farouche au Sillon n'arrangera pas les choses, car le jeune clergé finistérien y avait adhéré avec ferveur. Homme d'action et d'initiatives, l'évêque était doté d'un tempérament Très vif : il écrivait trop et trop vite. Son caractère autoritaire fit le reste. De ce point de vue, sa promotion à l'archevêché de Chambéry, le 16 décembre 1907, mettait fin à une situation difficile. Ce fut cependant un évêque actif et courageux. Il tint en mars 1902 un synode au cours duquel il promulgua une remise à jour très nécessaire des statuts diocésains de Mgr Graveran. L'été 1902 fut mouvementé : c'était l'expulsion, à main armées, des communautés religieuses. Mgr Dubillard conseilla la « sécularisation » qui permit l'ouverture d'écoles Libres. L’automne 1902 s’ouvrit sur un énorme conflit avec Combes (Emile) qui interdisait l'usage de la langue bretonne dans les catéchismes et les prédications. L'évêque résista avec son clergé : 150 prêtres environ furent privés de leur traitement. Le système financier de compensation mis en place par Mgr Dubillard - et qui attira sur lui les foudres du gouvernement – rendirent moins sensibles dans ce diocèse les conséquences financières de la rupture du concordat. L'hiver 1902-1903 fut dramatique pour les marins-pêcheurs. Jamais, de mémoire d'homme, on ne connut une telle crise de la pêche: c'était la misère noire. L'évêque mit en place un comité très efficace pour l'aide aux familles. Survint ensuite la loi de Séparation, suivie de l'expulsion du clergé des séminaires et de certains presbytères. Les inventaires provoquèrent des manifestations parfois violentes, suivies d'emprisonnements. Cependant, vis-à-vis de son clergé, l’évêque commit l'erreur de quitter son évêché avant toute opération d'expulsion. Il donna une bonne structure à la fédération des oeuvres catholiques; réorganisa les catéchismes, fit édifier une belle chapelle au grand séminaire et qui fut transférée plus tard dans le nouvel établissement construit en 1933 par Mgr Duparc; fit ériger la monumentale statue de Notre-Dame des naufragés à la Pointe-du-Raz ; procura une position de replis au petit séminaire dans l'établissement du Likès à Quimper. Il quitta Quimper pour Chambéry le 23 janvier 1908, fut créé cardinal le 27 novembre 1911. Chanoine Jean-Louis Le Floc’h Michel Lagrée (dir.), <em>La Bretagne</em>, Paris : Beauchesne ; Rennes : Institut culturel de Bretagne, 1990 (Dictionnaire du monde religieux dans la France contemporaine). -
Duparc Adolphe (1908-1946) Duparc (Adolphe Yves Marie), né le 6 février 1857 à Lorient (Morbihan), mort en charge le 8 mai 1946. "Evêque de Quimper (25 février 1908) Il grandit dans un milieu modeste, son père ouvrier charpentier quitte rapidement Lorient et prend la profession de boulanger à Pont-Scorff puis Quimperlé. En octobre 1866 il entre au Petit Séminaire de Sainte-Anne d’Auray, puis au Grand Séminaire de Vannes. Ordonné en 1880, il occupe alors des postes de précepteur, professeur de religion et d’anglais au Petit Séminaire d’Auray. Brillant et charismatique professeur, il organise des conférences populaires, puis est promu en 1895 curé de Lorient, pour treize ans. Il s’y investit dans la défense de l’Eglise par les moyens du droit, jamais par la violence ou l’exaltation, publie un bulletin paroissial très diffusé, et organise une messe d’hommes ou l’on se presse pour écouter des sermons d’une éloquence rare. Cheveux mi-longs, attitude de seigneur, manières théâtrales, orateur hors pair nageant dans le verbe, il ressemble à une gravure du XIXe siècle et impressionne durablement les fidèles qui l’approchent. Nommé à Quimper en 1908, le plus jeune évêque de France marque en profondeur la vie du diocèse. Evêque de terrain, il sent particulièrement bien les mouvements et menaces qui pèsent sur une société chrétienne et bretonne pourtant encore largement préservée. Par la fondation de 110 écoles libres, il fait de la question scolaire un enjeu majeur. L’encadrement du jeune chrétien se poursuit dans sa vie adulte par un développement sans précédent de l’action catholique et des œuvres. La création en 1933 d’un nouveau Grand Séminaire montre l’importance accordée à la formation du clergé. L’administration diocésaine évolue progressivement. Deux synodes, en 1927 et 1937, réforment les statuts diocésains édités en 1902. Dès 1933, Mgr Cogneau, évêque auxiliaire, l’assiste dans l’administration du diocèse. Armé de ces outils, l’évêque s’acharne à défendre la chrétienté des périls extérieurs, en voulant tout d’abord sauver les bonnes mœurs. Il s’élève en 1932 contre les danses, les salles de bal, la mixité scolaire ; fait campagne contre l’alcoolisme… Contre le déracinement de l’émigration, il incite les candidats au départ à rester au pays, crée des structures d’accueil appropriées, (paroisse bretonne de Paris, Mutualité bretonne, aumôneries de bretons). La presse est un moyen important de diffusion de ses idées. Les bulletins paroissiaux se multiplient, des revues spécialisées (<a href="http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/collections/show/31" target="_blank"><em>Feiz ha Breiz</em></a>, Foi et Bretagne) prospèrent. Cette presse contribue à une lutte intense contre l’anticléricalisme, et à la préservation de l’union des catholiques. Hostile au modernisme, au Sillon (qu’il condamne fermement), se méfiant des démocrates, Mgr Duparc conserve une ligne loyaliste, toujours très romaine et s’assure le contrôle d’un clergé parfois rebelle. La Bretagne prend une place toute particulière chez le prélat. Nommé évêque, il se choisit une devise bretonne, « Meulet ra vezo Jésu Krist » (Loué soit Jésus-Christ). La défense de la culture bretonne fait partie d’une volonté globale et traditionnelle d’enracinement du chrétien à sa terre. Le mouvement catholique <a href="http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/collections/show/33" target="_blank"><em>Bleun-Brug</em></a> y contribue, tandis qu’une place particulière est dévolue à la langue dans les écoles libres. Il réhabilite les saints bretons, appuie les causes de béatification de <a href="http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/collections/show/42" target="_blank">Michel Le Nobletz</a> et de <a href="http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/collections/show/46" target="_blank">Julien Maunoir</a>, déploie un ensemble de catéchismes et cantiques en breton. Cet entrain pour le régionalisme ne le pousse cependant pas plus loin. En 1940 il ne suit pas certains de ses prêtres trop avancés dans l’aventure autonomiste un moment encouragée par l’Allemagne, et condamne sans appel leur attitude : « Jamais breton ne fera trahison ». Par loyalisme, il se rallie au régime de Vichy, n’autorise pas certains de ses prêtres à entrer en résistance, mais condamne volontiers l’Occupant. A partir de 85 ans il ralentit son activité, tout en conservant un contrôle sur le diocèse. Il meurt à 87 ans, doyen de l’épiscopat." Yann Celton Dominique-Marie Dauzey, Frédéric Le Moigne (dir.), <em>Dictionnaire des évêques de France au XXe siècle</em>, Paris, Cerf, 2010. -
Fauvel André (1947-1968) Fauvel (André Pierre François), né le 14 avril 1902 à Valognes (Manche), mort le 22 janvier 1983 à Plumelin (près de Locminé, Morbihan). Evêque de Quimper et Léon (3 juillet 1947). Démissionnaire le 28 février 1968. "Il grandit dans une demeure historique, l’hôtel Grandval (où véçu l’écrivain Barbey d’Aurevilly). Son père avoué, sa mère, deux sœurs et un frère composent la famille du futur évêque. Elève au collège diocésain de Valognes, puis dès 11 ans à l’Institut Saint-Paul de Cherbourg, ce brillant élève remporte chaque année les premiers prix d’excellence. En seconde, il devient président du « Cercle Saint-Jean » affilié à l’ACJF, un engagement qui lui donne un goût certain pour les problèmes sociaux et apostoliques, et lui vaut une intervention, à l’âge de 19 ans, aux Semaines sociales de France à Caen. En octobre 1921, il entre au grand séminaire de Coutances, est ordonné prêtre le 29 juin 1925, aussitôt nommé vicaire à Sainte-Trinité de Cherbourg et professeur de philosophie au collège de Saint-Lô. En 1932 il devient aumônier d’Action catholique (spécialement JACF), sous-directeur des œuvres, et chanoine en 1937, associé au père Paris à la Paroisse Universitaire, où il intervient auprès de nombreux mouvements, comme Le Mouvement familial rural ou le Secrétariat social. Pendant la guerre il se distingue comme aumônier du 8e RI. Nommé évêque à 45 ans (deux fois plus jeune que son prédécesseur Mgr Duparc), sa jeunesse et sa simplicité tranchent et déconcertent. Dès sa nomination, il prend conscience des profondes mutations de l’époque : « Toute une société s’organise en dehors des cadres traditionnels. Elle semble disposée à se passer de la religion », et oriente sa pastorale en ce sens. Premier soucis, l’Homme, son évangélisation, en se tournant vers les non croyants et le monde du travail. Sa visite aux ouvriers blessés lors des manifestations de Brest en 1947 et à la dépouille mortelle du militant CGT Edouard Mazé, tué par la police (balle perdue) en 1950, frappe les esprits. Première manière d’agir : l’Action catholique spécialisée. Fin 1957, il bénéficie de l’aide de Vincent Favé, nommé évêque auxiliaire. Deux synodes marquent son épiscopat. Le premier en 1948 introduit les aumôniers de secteurs. Le second en 1959 organise le diocèse en zones, élargit le travail des prêtres, met en œuvre une pastorale d’ensemble nouvelle, le tout conforté par l’enquête sociologique du chanoine Boulard en 1958. De grandes missions confiées au CPMI mettent en œuvre le souci de l’évêque d’évangéliser d’une autre manière. Elles se déroulent dans les grandes villes (Brest, Quimper, Morlaix) mais aussi dans quelques zones rurales. En outre en 1965 se déroulent à Brest les Semaines sociales de France. Le diocèse est profondément réorganisé, treize paroisses nouvelles érigées, de nombreuses autres remaniées, cinq doyennés créés. Les écoles catholiques sont soutenues, ainsi que les 2 000 religieux qui y travaillent au début de son épiscopat. En 1960 se créent des aumôneries dans les collèges publics. Au sein de l’Eglise diocésaine se trouve confortée la place des laïcs invités à militer activement au sein de l’Action catholique générale et surtout spécialisée. Sensible aux questions artistiques, Mgr Fauvel crée en 1949 une commission diocésaine d’art sacré et soutient la publication d’un répertoire des églises faisant toujours référence aujourd’hui. Il favorise la renaissance de l’abbaye de Landévennec à partir de 1950, participe aux cérémonies de béatification du père Maunoir en 1959. Il ouvre un petit séminaire à Kéraudren à Brest en 1960 qui doit rapidement fermer ses portes faute de candidat. Il met en œuvre un conseil presbytéral en 1967. Après le Concile il suscite une série de conférences théologiques. Homme disponible, d’une grande mémoire, esprit vif et cultivé, précis et méticuleux, il porte une attention toute particulière aux personnes qu’il rencontre et marque constamment le souci d’adapter l’Eglise diocésaine aux réalités du temps. Frappé d’une artériosclérose qui l’handicape lourdement, sa démission à l’âge de 65 ans est acceptée par le Saint-Siège. Il se retire à la maison-mère des Filles de Jésus de Kermaria à Plumelin (Morbihan) où il décède seize ans plus tard." Yann Celton Dominique-Marie Dauzey, Frédéric Le Moigne (dir.), <em>Dictionnaire des évêques de France au XXe siècle</em>, Paris, Cerf, 2010. -
Bretagne. Livres religieux Voir aussi d'autres collections, comme "Saints du diocèse". -
L'Ajonc de Bretagne Revue de la section bretonne du Sillon











